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Il est aujourd'hui, de toute évidence, politiquement incorrect d'étudier l'homosexualité. Les comportements homosexuels, qui étaient considérés comme symptômes il y a encore peu de temps, ont été retirés des questionnaires d'investigation psychiatrique de type DSM. La notion de perversion1 n'est plus appliquée aujourd'hui aux conduites homosexuelles et l'exercice d'une sexualité homosexuelle tend, de plus en plus, à être présenté comme une variante de la normalité. Parallèlement les comportements de rejet de l'homosexualité, les mesures de discrimination sociale touchant des sujets réputés homosexuels, regroupées sous le terme d' « homophobie », sont justement stigmatisés.
Dans ce mouvement, toute étude dont le résultat ne confirmerait pas l'évolution actuelle des mentalités serait facilement considérée comme suspecte. Étudier devient discriminer. Dire simplement que l'engagement dans une sexualité homosexuelle peut correspondre à une souffrance psychique est de nature à soulever des objections de ce type : il n'y a pas de rapport entre le choix de tel ou tel mode de vie sexuelle et la souffrance psychique, il y a autant de souffrance psychique chez les hétérosexuels que chez les homosexuels. Constater qu'il y a cinq fois plus de suicides chez les jeunes hommes homosexuels que chez les sujets masculins de la même tranche d'âge est immédiatement interprété comme le seul résultat d'une homophobie persécutrice. Ne pourrait-on pas penser qu'il existe une forme sournoise d'homophobie qui consisterait à ne pas envisager qu'il puisse y avoir une souffrance personnelle à vivre comme homosexuel, indépendamment des attitudes sociales ambiantes ? Le rejet de l'homosexualité prendrait un détour nouveau : la négation de la souffrance possible, le rejet de l'idée même de cette souffrance. L'homosexualité est réduite à un comportement et, de cette manière, coupée de l'ensemble