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Radu Clit est un survivant du système totalitaire roumain. Il est également analyste en formation à l'Institut de la SPP. Son livre, Cadre totalitaire et fonctionnement narcissique, est un témoignage ; la présence en filigrane de l'auteur ne nous laisse pas indifférents. Ce livre est une exploration du rapport de la psyché et du social à travers celui qu'il nomme le « sujet moyen » du monde totalitaire. Le « sujet moyen » y est l'homme ordinaire qui devrait s'adapter à la situation extraordinaire du monde totalitaire et qui serait le destinataire de la politique totalitaire. Néanmoins, selon Clit, il pourrait jouir d'une certaine liberté de penser et se trouverait donc proche du « sujet » habituel de la psychanalyse. Mais, paradoxalement, Clit montre comment l'aliénation de la pensée imposée par un régime totalitaire conduit à altérer en lui cette qualité de sujet.
Le lecteur est confronté alors au rapport entre le « sujet moyen » d'une société totalitaire et le sujet freudien. Clit affirme que « le sujet de référence de Freud, dans une perspective sociale, est un bourgeois assez bien adapté au capitalisme. Ses conflits intérieurs ne sont pas, le plus souvent, déterminés par une réalité sociale difficile » (p. 9). En effet, ce livre fascine parce qu'il nous projette dans une réalité, celle de Bucarest, difficile à appréhender depuis Vienne ou Paris. Rappelons néanmoins que le problème de la place de la réalité externe, voire des traumatismes « réels », n'est pas nouveau dans la théorie psychanalytique. Et si Freud renonça à sa neurotica, dans la fameuse lettre à Fliess du 21 septembre 1897, ses écrits sur le traumatisme et l'après-coup