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Ce double numéro, très riche tant sur le plan théorique que clinique comme il est habituel à cette revue, donnera à réfléchir à tous les psychanalystes, confrontés de plus en plus fréquemment à des cas dont le fonctionnement mental fluctuant déborde le cadre classique de la névrose.
Tout d'abord, il faut lire avec attention le texte très dense et riche de la conférence inédite de Pierre Marty prononcée au Congrès mondial de psychosomatique de Montréal en septembre 1981. L'auteur y explicite très clairement sa conception des mouvements d'organisation-désorganisation-réorganisation en fonction des fixations-régressions, elles-mêmes fondées sur les particularités évolutives individuelles innées puis modifiées par les interactions avec la mère. Dans ces mouvements, un rôle central et majeur est attribué au préconscient, « espace décisif du développement de l'appareil mental… monde stratifìé dont les couches profondes touchent à l'inconscient, aux instincts, aux pulsions, au soma, et dont les couches supérieures rejoignent finalement la conscience », dont la qualité dépend tout à la fois de « l'épaisseur d'ensemble des stratifications, de la mobilité des formes de représentation qu'il assure entre les différentes couches, de la permanence enfin de son fonctionnement ».
Si Michel de M'Uzan, interviewé par C. Smadja et G. Szwec, définit comme P. Marty la mentalisation en termes de prise en charge des tensions et conflits par des constructions signifiantes au niveau du préconscient, il ne partage pas sa conception évolutionniste et hiérarchisée des différents niveaux de gestion : il défend les « vertus » d'adaptation du fonctionnement opératoire ou du désinvestissement objectal dans certaines situations de la vie. Il remet également