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Longtemps m'a servi, dans mon travail d'analyste, une image issue de Freud, le Freud de la Traumdeutung, et de ses commentateurs. Par « travail d'analyste », j'entends aussi bien l'exercice de l'écoute, le mode de pensée qui accompagne cette écoute, l'intervention qui éventuellement en découlera, le retour réflexif sur cette activité dans la tentative d'en communiquer la singularité, à moi-même comme à d'autres.
L'image est celle de la « mise à plat ». Elle s'impose avec la recommandation freudienne de concevoir, d'entendre, de traiter le récit d'un rêve, non comme une devinette ou une allégorie, mais comme un rébus. Faire fi de la distinction entre ce qui semble important et ce qui paraît secondaire, entre ce qui se donne comme porteur de sens et ce qui n'en serait, ponctuation, rythme, remarques adjacentes, que modalités de technique narrative. Mise à plat : on pense à une main quelque peu désinvolte qui, sans souci de ce qui a été parfois péniblement échafaudé, étale sur la table, l'un à côté de l'autre, tous ces éléments, en défait l'agencement et laisse à l'œil le soin de contempler le champ de ruines.
Il était question d'écoute, et voilà que j'appelle à la rescousse la main et l'œil. Déjà se mêlent les catégories sensorielles : tout comme dans le rébus, où chaque élément, désarrimé du registre sémantique dans lequel il se présente, devient indécis, c'est-à-dire en attente de décision, en attente d'une nouvelle existence dans un nouveau contexte. L'image, sur une portée, de la note « si », attend de recevoir de ce qui l'entoure un sens pour l'instant suspendu : valoir pour conjonction ou adverbe, pour la scie du menuisier ou le chiffre six, pour, précédée de « 1 », la seconde syllabe de « ain-si » ou, suivie d'une figure épouvantée, la première de « ci-trouille ». Et j'en passe, forcément : puisque cet élément