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L'émotion nous bouleverse, la beauté nous subjugue, leur gestion et compréhension nous rassurent. Quelles relations existent entre la beauté dont nous parle Donald Meltzer, l'éblouissement par la beauté de l'objet qui autoriserait la question dite fondatrice : Est-ce aussi beau à l'intérieur ? avec les zones de non-symbolisation et l'inquiétante étrangeté qui surgit à l'instant où les limites risquent de s'effacer ? Donald Meltzer est l'un des rares psychanalystes à situer les concepts d'esthétique et de beauté au centre des questionnements actuels sur la constitution de l'appareil psychique et des processus de symbolisation. Je me propose de faire travailler ces notions conçues par un analyste familier des enfants très perturbés, mais qui peuvent intéresser un analyste d'adultes qui n'a pas cette pratique.
En un raccourci vertigineux Freud, dans L'inquiétante étrangeté rapproche naissance et mort, intégrité psychique et folie. Il nous livre un bien étrange fantasme qu'auraient « les gens », le summum, nous dit-il, de l'inquiétante étrangeté, celui d'être enterré vivant en état de léthargie : « … cet effrayant fantasme n'est que la transformation d'un autre qui n'avait à l'origine rien d'effrayant, mais qui était au contraire accompagné d'une certaine volupté, à savoir, le fantasme de la vie dans le corps maternel. »1
L'inquiétante étrangeté surgit lorsque les limites entre le monde interne et le monde externe s'estompent, lorsque le fantasme s'introduit dans le réel, créant alors une perte des repères, une abrasion des topiques, lorsque le processus