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« On arrange et on compose les mots de tant de façons, mais comment arriverait-on à égaler une rose ?
On a, jadis, beaucoup discuté de savoir si la psychanalyse pouvait être une science. Mais peut-on dire de l'analyse qu'elle peut avoir le statut d'une œuvre d'art ? Je reviendrai plus loin sur l'opinion de Francis Pasche à ce sujet qu'il a maintes fois abordé dans ses écrits. Mais il nous faudra distinguer la « psychanalyse » comme pensée et comme pratique. Même si certains des écrits freudiens ont pu être considérés, à juste titre, comme appartenant à la littérature, la pratique analytique elle-même a pu être envisagée comme une « science » inexacte (c'est-à-dire, fort justement, « humaine »), parfois comme un « art », comme on parle d'un « art de vivre », ou encore comme un artisanat, ce qui me paraît une assez juste définition de ce que nous nommons nous-mêmes notre « pratique ». Parler d'esthétique, alors, à propos de l'interprétation, qui, elle, est bien un des fondements de cette pratique, pourrait donc sembler parfaitement injustifié. Et même, à certains égards, relever d'un narcissisme dangereux.
Cependant, à relire certains textes de Freud, et en particulier celui sur « La création littéraire », il m'a paru intéressant d'orienter ma réflexion dans cette direction. À savoir : y aurait-il un « art de l'interprétation » (c'est d'ailleurs, une formulation de Freud lui-même) et pourrait-on y appliquer certaines règles de l'esthétique ? Et, donc, enseigner cet art ? Car tout art comporte des règles, une « technè » et on sait des époques où s'écarter de ces règles était sévèrement puni. Mais on sait aussi que la rigueur même des règles aboutit souvent à rendre l'art d'autant plus raffiné, subtil et intéressant : qu'on pense par exemple à l'œuvre de Jean-Sébastien Bach, qui ne cesse de se plier aux règles strictes de la musique baroque, et, ce faisant, à réussir à s'en libérer pour la plus grande gloire de son art, sinon de Dieu ! D'ailleurs la