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Que désignait Freud lorsqu'il appelait de ses vœux «une esthétique d'orientation économique » ? Nous sommes à la fin du deuxième chapitre de Au-delà du principe de plaisir. Il s'agit de mettre au jour le nouveau système des forces psychiques capables de rendre compte du phénomène de la répétition, et son élucidation ne saurait se résumer dans la seule observation. Il faut extraire le fait, c'est-à-dire le construire, et tel est bien le rôle du point de vue économique que d'être ce réseau d'hypothèses grâce auxquelles nous bâtissons la logique irrationnelle du cours des événements psychiques. Mais bâtir l'échafaudage, ne pas le confondre avec le bâtiment ne va pas sans embarras. Freud, venant de réaffirmer le principe de la régulation homéostasique de l'appareil, se heurte, une fois encore, à ce qu'il entend par tension d'excitation. Certes, il s'agit de la « tension empreinte de déplaisir » qui impulse les mouvements dans l'appareil ; et, certes, le rapport n'est pas de proportionnalité simple entre la sensation de tension et les modifications énergétiques, augmentation ou diminution, auxquelles on la réfère. Reste que la contiguïté entre sensation et tension, leur proximité équivoque ramènent Freud à la théorie des seuils de Fechner.
Les seuils étant les limites au-delà desquelles la quantité se manifeste sous forme de qualité — plaisir ou déplaisir selon que la quantité est stable ou instable —, on peut envisager qu' « entre les deux limites existe une certaine étendue d'indifférence esthétique » (S. Freud, 1920, p. 278-279). L'indifférence esthétique, sous la plume de Fechner, correspond à une tension sans qualité. Pour Freud, elle fonde la distinction entre sensation et tension. Mais existe-t-il du déplaisir qui ne soit senti ?