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« Notre but étant, pour le jour où les machines auront à la fois perdu énergie et mode d'emploi… qu'une peinture puisse encore, dans sa matérialité énigmatique, sa vulnérabilité, sa poésie, accueillir un œil existant à l'état sauvage. »
« Art de peindre » : ces mots nous renvoient à la peinture, mais ils ne s'y enferment pas. Ils nous renverront aussi au dessin, comme à divers autres modes d'expression plastique. Ils mettent aussi l'accent sur une mentalisation de l'acte qui est au centre de notre propos.
Accessoirement, nous voudrions ressusciter les liens anciens, qui tendent à se séparer aujourd'hui, entre le tableau (ou la fresque) et le texte, la peinture étant, comme l'a dit Vinci une « cosà mentale ».
En introduction à l'édition du centenaire de la Traumdeutung1 dans un texte aussi inspiré que convaincant, Jean Starobinski nous convie à reconnaître comme fil conducteur de l'élaboration du texte freudien, un voyage, une navigation au long cours, avec le trajet du héros, Énée, parti des décombres des rives de Troie, passant par « Carthage, narguant l'Italie et les bouches du Tibre », et qui, à la fin, fondera Rome.