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« Quelqu'un pour qui l'univers est horrible ou tragiquement transitoire et imparfait. Car il n'y a pas de bonheur absolu, pensait-il. C'est à peine s'il nous est donné en de fugaces et fragiles instants, et l'art est une façon d'éterniser (ou de vouloir éterniser) ces instants d'amour ou d'extase ; et parce que tous nos espoirs se transforment tôt ou tard en grossières réalités ; parce que nous sommes tous frustrés d'une façon ou d'une autre, car la frustration est l'inévitable destin de tout être qui est né pour mourir ; et parce que nous sommes tous seuls, ou que nous finissons tous par être seuls un jour… »
La célèbre phrase de Frédéric Nietzsche : « Nous avons l'art pour ne pas périr de la vérité », longtemps demeura pour moi comme une énigme, qui, en sa formulation paradoxale, interrogeait à la fois l'amateur d'art mais surtout le psychanalyste, dont on sait qu'il passe le plus clair de son temps à travailler au retour, à la ré-émergence de la vérité.
Il s'agit bien sûr, en ce qui concerne la formule de Nietzsche, de la « vérité terrible », c'est-à-dire du surgissement de la prise de conscience, en son être, du non-sens de l'existence.
Y aurait-il, alors, en prenant cette déclaration au pied de la lettre, une fondamentale antinomie entre ces deux domaines, celui de la psychanalyse, celui de l'art, qui auraient travaillé en sens inverse ? Et que penser alors du fameux « court-circuit » de l'artiste qui, notion couramment admise, vient percuter et provoquer en nous quelque chose de l'inconscient qui nous est brusquement révélé par la possibilité, ainsi offerte, d'appréhender un signe venu nous « parler » intimement et adressé par l'artiste aux spectateurs de son œuvre ? Nous