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Devant les « romans de la rentrée » ou les « installations » d'art contemporain, le consommateur de la société du spectacle — et, plus encore, le psychanalyste — est en droit de se demander : « Peut-on encore parler d'esthétique ? » Le mystère du Beau, l'alchimie des sensations transmuées en signes n'ont, certes, pas complètement disparu et il faut convoquer la sémiologie, la rhétorique, la stylistique, l'histoire de l'art et j'en passe, si l'on veut essayer de déchiffrer un tant soit peu les logiques internes de ces œuvres qui, cependant, persistent à réserver jalousement leurs énigmes pour continuer à nous fasciner. Il n'en reste pas moins que, au-delà des avancées de ces disciplines, c'est le régime même de la société du spectacle selon Guy Debord qui change radicalement notre rapport à ce que fut, jadis, un « objet esthétique ». La promiscuité sociale et sexuelle, l'apparente transparence des mœurs, le mélange des milieux et des classes, la crise des interdits qui réduit, quand elle ne la balaie pas, la pudeur, le secret et jusqu'à l'intime, sont les motifs à rappeler parmi les nombreuses conditions qui favorisent cette situation. Ces motifs semblent détruire toujours davantage la barrière entre, d'une part, l' « association libre » que Freud nous a offerte à la fin du XIXe siècle pour tenter de révéler l'inconscient, et, d'autre part, le marché des produits esthétiques : entre la « bio » plus ou moins « brute » et la séduction du Beau ; entre l'enfer des pulsions et le paradis de la sublimation.
Je connais, vous connaissez : l'écran télévisuel nous donne à connaître (ou croire connaître, en l'occurrence, la différence importe peu) l'intimité familiale et sexuelle de X ou Y. Je sais, vous savez, nous savons (ou croyons savoir, en l'occurrence, la différence importe peu) que la féerie qu'Il ou Elle nous décrit dans son roman est une dénégation de son angoisse de mort, de l'angoisse de