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Les écrits de Van Gogh offrent une méthodologie différente de celle qui consiste à examiner seulement l'œuvre de l'artiste indépendamment de sa vie. Van Gogh ayant écrit l'histoire subjective de son œuvre, sa vie et son art sont intimement liés. L'artiste parle fréquemment de son art dans sa correspondance abondante où l'on trouve pléthore d'indications supplémentaires et d'associations écrites. Bien que célèbre pour ses paysages, ses tableaux d'intérieur et ses natures mortes, il préférait peindre des personnages, « la seule chose qui m'excite au plus profond de mon âme » (Lettre 516, août 1888). Il ne pouvait certes s'offrir des modèles, mais cela n'explique pas vraiment qu'il ait produit tant d'auto-portraits. Il s'était étudié lui-même dans le miroir et avait fait des croquis d'enfants, longtemps avant de devenir peintre, assez tard dans sa vie. Nous pouvons supposer que ces croquis d'enfants étaient avant tout des représentations de lui-même et de ses objets familiers. Jeune homme, il avait visité des musées, au moins une fois accompagné de son frère Théo et de son père. Pendant la période de sa mission d'évangélisation à Dordrecht, il cite la Bible : « Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu » (Corinthiens, 13:12). Le texte biblique indique des fonctions importantes de l'auto-portrait. Nous nous voyons rarement comme les autres nous voient. Van Gogh s'est pris lui-même pour modèle, principalement à cause des besoins intérieurs qu'il avait de se définir lui-même, de s'autoréguler, de s'examiner minutieusement, mais aussi d'estime de soi et d'autocritique. Son idéal du moi et son self idéal étaient intimement liés à son art et à son besoin irrépressible de créer. Dans son art et pour son art, il pouvait souffrir et pourtant atténuer le pouvoir de sa rude conscience autodévalorisante. En faisant son propre portrait, il