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« D'aucuns disent que la chose la plus belle à voir sur la terre sombre est une troupe de cavaliers ou de fantassins, d'autres disent que la chose la plus belle est une flotte de navires. Mais moi je dis que ce qu'il y a de plus beau est ce que l'on aime. »1
La première strophe de ce poème de Sapho (fragment retrouvé dans un papyrus d'Oxyrinque), parfois édité sous le titre « La chose la plus belle », établit un parallèle entre les échelles de valeur concernant ce qui est beau pour les autres et ce qui est beau pour elle.
Il s'agit d'une remise en question, au VIe siècle A.C., des valeurs chantées par la poésie épique. Chez Homère, il est rare que l'on mette en cause la hiérarchie des valeurs établies : l'honneur, la valeur guerrière. Sapho ose affirmer ici son individualité ; après avoir énuméré ce qui est beau pour tel ou tel, elle écrit : « Mais moi je dis qu'est beau ce que l'on aime. »
Ce poème a beaucoup été imité par de grands poètes dans l'Antiquité grecque et romaine, et depuis.
Un autre poème de Sapho, l'ode dite « A Anactoria », est cité par l'auteur du Sublime pour illustrer la « sublimité du style »2.
L'auteur de cet ouvrage ayant vécu dans la première moitié du Ier siècle p.C., auteur qu'on appelle le « Pseudo-Longin », essaie de montrer ce qu'est le sublime dans l'art oratoire, chez les philosophes, les historiens de l'Antiquité, et pour montrer le sublime dans la poésie il cite ce poème que le sublime traverse comme un coup d'éclair.
« Cet homme-là me paraît l'égal des dieux, qui s'assied
devant toi et de près entend ta douce voix,
Sapho, Priamel, frag. 27, Diehls, in Alcéé, Sapho, Paris, Les Belles Lettres.
Du Sublime, Paris, Les Belles Lettres.
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Sapho, Priamel, frag. 27, Diehls, in Alcéé, Sapho, Paris, Les Belles Lettres.
Du Sublime, Paris, Les Belles Lettres.