You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« Le récit et le lien » est le titre du 40e numéro de la revue Adolescence auquel on pourrait ajouter, en sous-titre, « Le récit du lien », tant je trouve que c'est surtout du lien et de son enchevêtrement à la relation d'objet qu'on traite dans ce riche recueil d'articles. Le sujet est abordé de manière très hétérogène par ses auteurs : des articles plus théoriques précèdent d'autres où la clinique est au premier plan, et d'autres encore où des réflexions sur le « récit » font appel à des œuvres littéraires. À ce propos, retenons l'article de Sophie de Mijolla-Mellor, « Sexualité et abstraction », qui envisage les problématiques identitaires à partir du livre, en partie autobiographique, de Musil, Les Désarrois de l'élève Torless.
L'article de Philippe Jeammet (« Les liens, fondement du sujet : de la contrainte au plaisir ») ouvre ce volume de la revue Adolescence. Dans une première partie, l'auteur souligne l'importance de la qualité des assises narcissiques dans le développement de l'enfant. La constitution du narcissisme ne peut pas se concevoir sans faire appel à la relation à l'autre : « Pour être soi, il faut se nourrir des autres et dans le même temps il faut se différencier des autres », écrit Jeammet. Mais si le bébé construit ses assises narcissiques dans l'échange avec l'objet, c'est bien la qualité de la réponse de ce dernier qui module en retour son « plaisir de fonctionnement » et ses capacités de liaison entre plaisir et agressivité. L'intériorisation de cette relation permet à l'enfant de développer ses propres capacités à attendre et, en s'étayant sur les traces psychiques de l'objet, il arrive à se constituer un début de représentation mentale de celui-ci. Selon Jeammet, quand les apports de l'environnement sont défaillants (dans le sens d'un excès ou d'un défaut de ceux-ci) l'enfant remplace l'absence ou le défaut de l'objet par une recherche mécanique de sensations corporelles qui ont une valence d'autodestruction. « La sensation fait contact, ma