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Cette revue a été fondée en 1985 par Sibylle Drews (Allemagne), en collaboration avec Rosemarie Berna-Glantz (Suisse) et Han Groen-Prakken (Hollande). Il s'agit d'une revue qui publie prioritairement des articles cliniques.
Thomas Aichhorn, « Le différentiel dans la psychanalyse » (vol. 16, 4/2001).
L'article de Thomas Aichhorn (Vienne) résume de façon intéressante les principaux concepts avancés par J. Laplanche.
Son point de départ est le fameux texte de Ferenczi, « La confusion de langue entre les adultes et l'enfant ». L'adulte communique avec la « langue de la passion » ; l'enfant, avec la « langue de la tendresse ».
Pour étudier cette idée de « confusion des langues », Aichhorn se réfère au concept du différentiel, un concept mathématique développé par Leibniz, qui est aussi un concept important pour la traduction des langues. Aichhorn cite W. Benjamin qui a beaucoup réfléchi sur la traduction et montre que chaque traduction d'une langue vers une autre laisse un reste, un différentiel intraduisible, intraitable. Ce concept du différentiel était central pour Freud et il l'est toujours pour la psychanalyse, dit Aichhorn.
L'adulte attaché à son enfant s'occupe de lui et lui apporte une aide vitale. Par ses gestes, ses paroles, ses pensées et ses soucis, il communique avec l'enfant, et tout ce qu'il lui transmet sera imprégné, marqué par son inconscient sexuel d'adulte. Celui-ci a été transformé à la puberté et à l'adolescence par l'émergence et par la maturation de l'instinct sexuel. L'intention consciente de l'adulte est d'aider l'enfant à vivre et à grandir, mais il est « compromis » par son inconscient sexuel. L'enfant dépend passivement de l'aide de l'adulte pour ses besoins vitaux. Il reçoit les soins que l'adulte inscrit dans son corps et les vit comme une satisfaction de ses besoins, et ce vécu représente la séduction originaire qui fera ensuite l'objet d'un refoulement. À cause de son manque de maturité et de son développement inachevé biologiquement, l'enfant