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Notre approche des perversions narcissiques institutionnelles ne porte que sur les institutions de soins se réclamant de la psychanalyse comme support d'organisation et moyen de traitement.
L'une des questions posées par les rédacteurs de ce numéro de la Revue française de psychanalyse nous semble centrale : « L'attraction objectale, vécue comme dangereuse, conduit le pervers narcissique à faire de l'objet un “objet-non-objet” chosifié […] peut-on se contenter de l'approximation qui consiste à le décrire comme “objet-non objet” » ?
Pour Paul-Claude Racamier les notions d' « objet-non-objet » et de « fantasme-anti-fantasme » ne correspondent pas à des états mais à des fonctions de désubjectivation, de désobjectalisation et de désymbolisation. Les perversions narcissiques rencontrées dans les institutions visent ces buts et remplacent la conflictualité entre le narcissisme et l'investissement d'objet par un paradoxe sur le mode d'une manœuvre que nous décrirons ainsi :
1 / fécalisation d'un objet estimable par identification projective déposant en lui des sources et causes de conflictualité. Donc, c'est l'objet qui devient excitant et mauvais ;
2 / nécessité de le contrôler comme un ustensile hygiénique et de l'orienter vers une activité polluante pour l'entourage ;
3 / nécessité de montrer qu'il est mauvais, inefficace mais indispensable. Donc il est à rejeter tout en le conservant.