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Si la névrose impose une perspective analytique centrée sur l'intrapsychique, la perversion sexuelle et la perversion narcissique posent le problème de la prise en considération de la dimension interpsychique. L'emprise narcissique du sujet sur l'objet est au cœur de la défense perverse.
Ainsi, à la différence de la perversion sexuelle, la perversion narcissique « témoigne d'une cruauté ou d'une malignité toute particulière »1. Elle implique que la satisfaction charnelle est secondaire dans une perspective où c'est tout l'être de l'autre qui est visé. F. Pasche souligne que : « La perversion sexuelle peut entrer en conflit avec le moi et le surmoi et avoir valeur de symptôme, alors que dans la perversion narcissique il y a un accord de la personnalité tout entière. »2
La demande d'un travail psychique avec un analyste trouve rarement à s'exprimer chez le pervers narcissique ; toutefois, quand elle existe, c'est le plus souvent sous forme détournée, au moment où il est en perte de vitesse, ou se trouve confronté à d'autres plus forts et plus habiles, sur lesquels il veut tenter d'accroître son emprise.
Un gradient de perversité est à prendre en compte avant de se lancer à prendre ce type de patient en analyse : son degré de tolérance à la frustration et également sa capacité à pouvoir affronter un certain degré de souffrance psychique sont à considerer.
Le pervers narcissique est un être agissant, ce qui comporte des incidences non négligeables en ce qui concerne son fonctionnement mental : vide de la pensée, peu ou pas de fantasmes, peu de rêves et quand il est question de scénario