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Le concept de « perversion-narcissique » ayant connu un certain développement, il me paraît important de le redéfinir pour garder l'essentiel du message de P.-C. Racamier (1978-1980). Il a été interprété comme un équivalent de la perversion morale, de caractère ou perversité. Je ne crois pas que cela a été l'intention de Racamier. La perversion narcissique devrait être considérée comme une forme de perversion morale, celle qui conduit le narcissisme autosuffisant aux limites extrêmes de son action, mais pas comme un synonyme de perversion morale. Cela ne minimise pas l'importance du narcissisme pathologique dans chaque tableau de perversion morale et ne nie pas le compromis du narcissisme commun à toutes les pathologies du caractère. Pour ce qui concerne la perversion narcissique toutefois, l'alliage du narcissisme à deux autres éléments est fréquent : la destructivité et la tendance à l'extraterritorialité — c'est-à-dire que le sujet tente d'impliquer une autre psyché. Le sadomasochisme, le voyeurisme, l'exhibitionnisme sexuels ont des variantes perverses de caractère auxquelles on peut associer la mythomanie, l'imposture, la pyrophilie, le jeu pathologique, la relation fétichiste à l'autre, certaines addictions.
Il est donc important que nous puissions cerner la perversion narcissique dans sa spécificité. Plus loin, je propose une réflexion circonscrite à la défense perverse narcissique chez le patient limite. Celle-ci est fréquente et pose d'importantes difficultés de traitement. Voilà les raisons de ce choix.
J'ai étudié cette forme de perversion de caractère à différentes occasions, dans des articles, dans un livre Le pervers narcissique et son complice, dans un chapitre du Petit Traité des perversions morales ainsi que dans Des perversions