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La notion de perversion remonte aux origines de l'humanité. On la retrouve dès les tout premiers écrits, comme le code d'Hammurapi (1750 av. J.-C), établi pour « proclamer le droit dans le pays, éliminer le mauvais et le pervers, empêcher le fort d'opprimer le faible ». Depuis, d'innombrables catégories de personnes se sont efforcées d'en préciser la nature ou les limites : théologiens, juristes, philosophes, médecins et, depuis cent ans, psychanalystes. L'exploration de ses rouages intrapsychiques nous a fourni jusqu'à aujourd'hui, des connaissances précieuses sur les perversions dites sexuelles, mais peut-être moins sur d'autres variantes comme la « perversité », reléguée souvent aux archives de la psychiatrie légale ou de la morale.
Le concept de perversion narcissique a été élaboré par Paul-Claude Racamier au cours d'un travail opiniâtre qui s'avère cliniquement très fécond. Il s'intègre pourtant malaisément dans le corpus de ces connaissances1. Il nous paraît donc nécessaire de retracer rapidement son itinéraire, ce qui permettra de le situer dans sa perspective ; puis nous en donnerons un exemple clinique que nous discuterons.
Les travaux de Paul-Claude Racamier peuvent se découper en deux périodes : ceux, entamés dès les années 1950, sur la psychose, unanimement reconnus