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« La vérité joue un rôle aussi déterminant pour la croissance de la psyché que la nourriture pour la croissance de l'organisme. Une privation de vérité entraîne une détérioration de la personnalité. »
Je n'ai jamais rencontré de pervers narcissique dans mon cabinet d'analyste. Par contre, j'ai eu à plusieurs reprises des patientes (en psychothérapie ou en analyse) qui étaient des femmes de pervers narcissiques. Et à chaque fois, j'ai été interpellée par l'impact de la pathologie de ce conjoint, aussi bien sur la personnalité de la femme que sur le cours et le contenu de la thérapie. Avec elles, ce personnage — redoutable ! — est entré d'une certaine manière dans mon cabinet1. Pendant un temps assez long, il n'était question que de cet homme. Même si j'ai toujours pu éviter qu'il intervienne pour de vrai dans la prise en charge, le pervers narcissique était diablement présent dans la cure. Ce sont des thérapies où il est impossible d'aborder d'emblée le conflit intra-psychique avec la patiente, car celle-ci — « femme sous influence » — est complètement prise dans une relation interpsychique aliénante, dont il lui faut se dégager avant de pouvoir envisager un traitement plus classique d'élucidation des contenus inconscients. C'est de ce premier temps (qui peut être extrêmement long, étant donné la ténacité des identifications primaires et la force du masochisme) dont je veux parler.
Le tableau clinique que je me propose de soumettre à une approche psychanalytique concerne quatre patientes dont je ne détaillerai pas l'histoire individuelle, d'abord par souci de confidentialité, mais aussi parce que je voudrais