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La rencontre d'un enfant dans une situation de séparation parentale — conflictuelle ou non — est d'une grande banalité pour le psychiatre psychanalyste d'aujourd'hui. Je n'envisagerai pas, ici, les demandes faites dans un but juridique soutenues par les avocats des parents, ni celles, trop caricaturales, où sont allégués, modernité oblige, abus sexuels ou maltraitance dont les effets dévastateurs sur l'enfant sont très rapidement perceptibles et l'analyste souvent réduit à l'impuissance de leur seul constat. Je préfère me pencher sur des situations plus subtiles qui peuvent conduire à s'engager dans un traitement psychothérapique d'enfant conduisant à l'impasse s'il s'avère qu'un des parents utilise des défenses perverses narcissiques qui vont venir faire obstacle au traitement.
Il est en effet loin, le temps où Françoise Dolto écrivait son livre grand public Quand les parents se séparent et donnait une vision que l'on pourrait qualifier d'angélique des effets de cette séparation sur les enfants. Il est indéniable que l'enfant souffre de la séparation parentale, fut-elle la plus réussie possible, que les nouvelles modalités d'organisation de la vie de l'enfant rendues possibles par la législation (autorité parentale conjointe, gardes alternées) peuvent être source de multiples agirs s'exerçant aussi dans le traitement. Il est évident qu'aucune psychothérapie d'enfant, qu'aucune consultation thérapeutique ne peut s'engager sans l'accord des deux parents et que déjà cet accord peut être en soi une difficulté ; on comprendra aisément que si s'y ajoutent des éléments pervers chez l'un ou l'autre parent et chez l'enfant, fussent-ils non structuraux mais défensifs face au traumatique narcissique de la