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« Nous espérons tous que nos patients en auront un jour fini avec nous, qu'ils nous oublieront et découvriront que la vie est elle-même une thérapie qui a un sens. »
M. Masud R. Khan était un psychanalyste, éditeur et auteur qui, à partir de 1951 et pendant plus de quinze ans, eut Winnicott comme analyste. Au début de sa cure, il était doué d'une intelligence brillante, d'une personnalité charismatique, de résistance physique et d'atouts importants sur le plan de la richesse et de l'éducation. Après une période d'une très grande réussite professionnelle et de renommée mondiale, après s'être marié à une femme qu'il aimait et avoir noué des amitiés intenses et gratifiantes, Khan mourut en 1989, seul — il ne lui restait en fait que ses domestiques et quelques amis horrifiés —, ayant ruiné non seulement sa carrière par le scandale, mais aussi sa santé par des décennies d'alcoolisme et de tabagisme. Winnicott n'avait pu l'aider à surmonter sa pathologie et l'amener ainsi à bien vivre.
Cet article raconte l'histoire de l'analyse de Khan chez Winnicott. Il ne fait aucun doute que cette analyse a réussi dans certains domaines dont nous parlerons. Nous traiterons toutefois plus particulièrement de ce qui n'a pas marché et nous tenterons d'expliquer pourquoi. La thèse centrale est que bien que Winnicott ait écrit longuement et de façon créative sur l'importance dans l'analyse de s'engager dans des expériences de haine et d'y survivre, il n'a pas appliqué sa propre théorie efficacement dans son travail clinique avec Khan.