You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Les patients ne sont plus les mêmes, dit-on. Que sont devenues les belles névroses d'antan ? Les hystéries de Freud et les névroses obsessionnelles ? Les « états limites » semblent devenus l'ordinaire de la pratique analytique. Ce changement est-il le reflet d'une évolution des demandes adressées aux analystes ou une modification de leurs références théoriques ? Que reste-t-il de la référence au modèle princeps de la névrose, élaboré par Freud tout au long de son œuvre ? Est-elle encore le vertex à partir duquel s'organise la pratique analytique ? Comment repenser cette base sur laquelle s'est édifiée la théorie freudienne, en contrepoint de la multiplication des tendances théoriques chez les analystes contemporains, qui voit (parfois) s'amenuiser la référence à l'Œdipe et à la névrose ? S'agit-il du reflet d'un changement de l'organisation même de nos sociétés ? En effet, depuis près de trente ans, on entend beaucoup dire que l'on observe dans les sociétés occidentales un affaiblissement des représentations œdipiennes, une relativisation des interdits et des références paternelles. C'est finalement tous les fondements mêmes de la névrose qui seraient remis en cause, la question se poserait alors de savoir si, dans le registre latent, la dimension du conflit œdipien et les logiques de la névrose demeurent.
Les conceptions de la névrose chez Freud évolueront en fonction des remaniements successifs des concepts qui l'animent :
— du conflit entre représentations au conflit d'instances ;
— de la conception du refoulement au remaniement des défenses introduit par la conceptualisation du clivage ;
— de la première théorie des pulsions à la seconde théorie des pulsions ;
— de la notion de traumatisme sexuel réel à la conception du traumatisme dans Inhibition, symptôme et angoisse ;
— de la séduction par l'adulte au complexe d'Œdipe, au complexe de castration et aux fantasmes originaires.