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L'hystérie qui a été à l'origine de la découverte de la psychanalyse, existe-t-elle encore ou a-t-elle été détrônée par d'autres tableaux au point qu'on puisse mettre en doute la réalité de son existence ?
Il faut avouer que, bien qu'elle ait connu plusieurs éclipses depuis sa découverte, les psychanalystes ont périodiquement éprouvé le besoin de rétablir son importance, ce qui prouve qu'elle continue de nous interroger.
Pendant ces trente dernières années, elle a tenu l'affiche à plusieurs reprises.
Au 28e Congrès international de psychanalyse à Paris, en 1973, où Laplanche a rendu compte d'un panel qui avait pour thème « L'hystérie aujourd'hui », elle a été présentée comme un désordre de caractère plutôt que comme un tableau symptomatique. Tout en demeurant, comme au temps de Freud, une affection à prédominance œdipienne, l'accent a été davantage mis sur l'importance des composantes agressives. C'est la destructivité refoulée qui s'exprime à travers les symptômes et les traits de personnalité ; le fantasme inconscient représentant une figure de compromis.
Éric Brenman (avec l'ensemble des auteurs kleiniens), la considérait alors comme une défense contre des angoisses psychotiques plutôt que comme une entité clinique individualisée. La prédisposition à l'hystérie serait influencée par des angoisses prégénitales. D'où l'existence, derrière le conflit entre pulsions et refoulement, d'un risque de psychose en relation avec une mère « hystérogène » qui aurait perverti la réalité en déniant les conflits.
Pour Laplanche, en revanche, l'hystérie reste œdipienne ; il conteste le rôle de facteurs prégénitaux qui n'entreraient en jeu que lorsque le refoulement échoue et il insiste sur la mise en scène de fantasmes originaires dont le but serait l'évitement de la sexualité génitale.