You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« J'estime que l'on ne doit pas faire de théories — elles doivent tomber à l'improviste dans votre maison, comme des hôtes qu'on n'avait pas invités, alors qu'on est occupé à l'examen des détails… »
Freud, Lettre à Ferenczi du 31 juillet 1915, soit trois jours après l'envoi à celui-ci du manuscrit de
« Vue d'ensemble des névroses de transfert »1.
Dans leur argument pertinent et stimulant, Christine Anzieu-Premmereur et Albert Louppe sollicitent notre réflexion autour du concept de névrose, et rappellent la définition qu'en donnent Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis dans leur Vocabulaire de la psychanalyse2 : « Affection psychogène où les symptômes sont l'expression symbolique d'un conflit psychique trouvant ses racines dans l'histoire infantile du sujet et constituant des compromis entre le désir et la défense. »
Un concept vit tant qu'il est utilisable, et pour le rester, il doit se montrer à la fois suffisamment polysémique et suffisamment spécifique. Il doit aussi toucher un point sensible dans l'inconscient des auditeurs et des lecteurs s'il veut trouver une audience importante et suffisamment prolongée.
Créé à la fin du XVIIIe siècle, le terme de névrose est devenu un concept psychanalytique central dans la nosographie des affections psychiques. Constamment maintenu en travail par Freud au travers de ses deux grandes théories des pulsions et de l'appareil psychique, le concept de névrose a continué, au cours de l'évolution de la nosographie psychanalytique, à tenir une place