You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La rédaction de la Revue franĉaise de Psychanalyse et l'auteur sont heureux de dédier cet article à Béla Grunberger à l'occasion de son centième anniversaire.
« Si l'homme ne naissait pas impuissant et immature, il n'aurait pas besoin de se défendre contre ses désirs œdipiens. »
C'est de l'attention et des soins portés aux névrosés qu'est née la psychanalyse. Les psychanalystes qui ont suivi les traces de Freud ont, chemin faisant, regardé du côté de la psychose. Ils ont affiné l'outil psychanalytique, la technique et les concepts. Clinique et théorie sont dans un rapport dialectique. Si la psychanalyse, comme il est quelquefois dit, ne peut être considérée comme une science à proprement parler, la démarche psychanalytique, en revanche, est scientifique.
Freud a choisi d'intituler son article de 1914 : « Pour introduire le narcissisme. » N'était-ce pas une invite à approfondir le sujet ? Le narcissisme n'étaitil alors qu'un concept ? Strachey avait d'ailleurs fait observer que le titre « Pour une introduction au concept de narcissisme » aurait mieux convenu.
Freud, par l'étude qu'il en fit, rendit célèbres quatre névrosés, trois avant son article de 1914, un après : Dora (1900), le petit Hans (1908), L'Homme aux rats (1909), et enfin L'Homme aux loups (1914).
Freud a établi que le conflit psychique est responsable de la névrose : conflit entre le Moi et les exigences de la pulsion sexuelle. Un Moi immature soumis aux pressions du Surmoi préfère refouler les représentations pulsionnelles plutôt que les contrôler à défaut d'avoir pu les intégrer. L'hystérique utilise préférentiellement le refoulement, l'obsessionnel y ajoute l'annulation rétroactive et l'isolation, et le phobique le déplacement.
Pour Melanie Klein « toute névrose, chez l'adulte, s'édifie sur la base d'une névrose de l'enfant mais celle-ci n'est cependant pas toujours assez grave pour attirer l'attention et pour être reconnue comme telle » (Essais de psychanalyse).