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Un cas de supervision : Il s'agit d'un analyste en supervision qui est médecin, pas psychiatre mais qui a une bonne expérience des psychothérapies analytiques, surtout de patientes hystériques. Il me propose de me parler d'un jeune juriste qui présente des troubles obsessionnels compulsifs graves, pensées obsédantes, phobies d'impulsion : tableau clinique qui me laisse dubitatif quant à l'indication d'une cure classique. Toutefois le supervisé insiste, m'assurant que nous avons affaire à une véritable névrose. En dépit de ma réticence, j'accepte, et… ce que j'avais pressenti ne tarde pas à se produire. Dès la deuxième séance, le patient s'agite sur le divan, se frappe lui-même, se lève, parcourt le bureau, débordant d'affects qu'il ne peut manifestement s'empêcher d'agir, et que son analyste a bien du mal à contenir. Pour une cure typique, ce début est à tout le moins inquiétant ! Cependant, alors que le patient évoque des récits de torture à propos, disons de la guerre d'Algérie, et demande à son analyste de le dispenser de raconter ces horreurs, l'analyste reste impavide et déclare au patient qu'il ne peut le dispenser de ce dont il ne dispose pas, et que la règle fondamentale du tout dire est incontournable…
On l'a reconnu : il s'agit de l'homme aux rats. Si je me suis permis de reprendre une présentation en forme de boutade, c'est parce que, posant la question de la névrose aujourd'hui, en deçà de l'évolution des mœurs, des