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Après un siècle de psychanalyse, nous sommes obligés de nous confronter à une dimension théorique extrêmement complexe, enrichie d'une myriade de contributions scientifiques diversement orientées, qui permettent, au moins en partie, de mettre en lumière des zones toujours plus étendues tant de la vie psychique individuelle que du fonctionnement du couple analytique au travail.
La plupart d'entre nous, analystes, nous nous préparons à un long et patient travail de connaissance, d'approfondissement, d'évaluation et de sélection des outils conceptuels que nous rencontrons, non seulement à travers nos lectures mais aussi dans les séminaires et les congrès que nous fréquentons ; le but de ce travail est l'intégration de nouvelles ouvertures théoriques qui se révèlent non seulement utiles pour comprendre une réalité clinique en perpétuelle évolution, mais aussi cohérentes et pouvant suffisamment s'harmoniser avec notre propre identité analytique réelle, que nous avons précédemment fondée.
Cette façon de procéder est donc tout à fait différente de celle qui consiste à se débarrasser de ce que l'on a appris pour le remplacer en bloc et totalement par ce qui paraît nouveau.
Des considérations générales de ce type sont opportunes de nos jours en ce qui concerne la névrose : une matière aussi étudiée par le passé qu'elle est aujourd'hui rejetée, peut-être du fait de l'indéniable diminution de la récurrence des tableaux cliniques « purs », autrefois relativement courants.
Pourtant, la complexité même des tableaux cliniques actuels suggère de garder assez près de nous les outils cliniques et théoriques qui se rapportent aux névroses : nous savons bien que le psychanalyste se trouve aujourd'hui, dans sa pratique clinique, très souvent (et avec de bonnes raisons pour cela)