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C'est un lieu commun de la littérature psychanalytique contemporaine que de dire que beaucoup de patients en traitement confrontent l'analyste à la difficulté de les comprendre à travers le modèle du conflit psychique propre à l'organisation névrotique à partir des vicissitudes conflictuelles de la sexualité infantile. De plus, cette même littérature souligne fréquemment que même en cas de mise en évidence des problématiques de nature névrotique dans le parcours régressif du processus analytique, ce type de conflit s'estompe ou s'efface. Les chercher à tout prix serait artificiel, voire forcé.
Parmi les nombreux travaux psychanalytiques qui ont décrit des modes d'organisation des conflits psychiques primitifs et préalables aux conflits de nature névrotique, je me centrerai essentiellement sur ceux de M. Klein et de son école. M. Klein (1952) a considéré les fonctionnements névrotiques comme des modalités de défense face aux difficultés d'intégration de la position dépressive, qui prendront progressivement la relève plus organisée des défenses maniaques en parlant, par exemple, de défenses obsessionnelles ou de défenses névrotiques. Dès le début de son œuvre (1932), elle a articulé sa conception du Complexe d'Œdipe — conflictualité centrale des névroses infantiles — autour des rapports de l'enfant avec le sein maternel, dont il évite les conflits en investissant le pénis du père. Le conflit est ainsi très précocement triangulé et sexualisé. Plus tard, elle le rattachera aux vicissitudes de la position dépressive. En effet, M. Klein (1928, 1945) décrit la configuration précoce du Complexe d'Œdipe lors de l'élaboration du concept de position dépressive avec l'intégration des pulsions libidinales et agressives, ainsi que celle du Moi et des objets partiels. La fantasmatique de l'enfant se déplace du