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La névrose chez l'enfant n'existe pas, du moins est-ce la position développée ici même par Michel Ody. Mais alors d'où vient celle de l'adulte ? Il n'est évidemment pas de réponse simple. Mon propos est ici de seulement développer une piste. Celle qui rapporte la névrose à une sidération que l'enfant exerce sur l'adulte par l'usage singulier qu'il fait de son langage. Il arrive en effet parfois que le mot d'enfant sidère l'adulte. Pour se sortir de cette sidération, l'adulte exerce en retour sur l'enfant une séduction narcissique. C'est l'une des deux mauvaises façons de faire. L'autre consiste à faire comme si de rien n'était, que la parole déviante n'avait pas droit de cité, et à banaliser les propos tenus par l'enfant. On fait alors vaciller la foi qu'il peut avoir dans son propre langage. Dans les deux cas, les jalons d'une névrose ultérieure sont posés. C'est du moins ce que je vais tenter de souligner à l'aide de deux exemples. Le premier est tiré de mon intérêt pour la dysphasie chez l'enfant. Le second est le fameux « toi lampe ! toi assiette ! toi serviette ! » de l'homme aux rats. C'est surtout à partir de ce second exemple que je tenterai d'évaluer l'incidence de l'événement de parole enfantin sur le nouage de la névrose. J'essaierai également de préciser le mécanisme enfantin de cette insulte si singulière.
Dans la vie courante, dès que la parole d'un enfant n'est plus tout à fait claire le premier mouvement de l'adulte attentif, une fois passé le plaisir d'une sidération légère, consiste à gloser le propos entendu pour le rendre plus