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Au terme de quarante années de pratique analytique exigeante R. Cahn, à partir d'un état des lieux actuel, nous propose le face-à-face comme une façon à part entière de faire de la psychanalyse, en ces temps « où sur le marché des valeurs, l'or, à l'heure actuelle, a plutôt tendance à baisser, le cuivre à monter… Pour combien de temps. ? l'orfèvre travaille avec tous les métaux, tous les alliages. C'est sur ce qu'il en fait qu'il sera jugé… (p. 218).
R. Cahn l'annonce d'emblée, il suit Winnicott pour son apport nouveau à la psychanalyse. Il fait sienne la liberté avec laquelle Winnicott traitait les exigences du cadre ainsi que sa définition du psychanalyste. « N'est-ce pas d'abord et avant tout la manière dont un thérapeute contient et transforme les productions de son patient qui aujourd'hui le désigne ou non comme analyste ? » (p. 11). C'est la conviction à partir de laquelle, R. Cahn étaie cet ouvrage.
Le contexte général décrit par l'auteur n'incite guère à l'optimisme pour ce qui concerne l'avenir de la pratique psychanalytique, le grand danger venant des neurosciences et de leurs pensées objectivantes. Pour démentir les pronostics de déclin annoncé de la psychanalyse, R. Cahn nous propose une voie de survie : « C'est une voie qui en s'accordant toutes les libertés, quant au rythme et au protocole des séances, se délivrant du fétichisme du divan, apporterait au plus grand nombre la possibilité d'une véritable expérience » (p. 13). Néanmoins, R. Cahn ne cessera jamais de réaffirmer que la cure type demeure pour l'analyste la référence fondamentale à l'écoute de l'inconscient.
Qu'en est-il donc de l'état actuel de la psychanalyse ?
Avant tout, R. Cahn reconnaît à la psychanalyse française un rôle déterminant dans le mouvement psychanalytique dans le monde. Il constate avec les effondrements idéologiques et les changements de la société une mutation