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Il n'est pas si courant de voir un historien s'intéresser, dans l'optique qui est la sienne, à la psychologie, à la psychopathologie et à la psychanalyse. Tout l'intérêt de l'article de Marcel Gauchet réside dans cette tentative de mise en perspective historique de réalités et de processus dont psychologues, psychiatres et psychanalystes traitent habituellement d'une façon qui ne prend pas en compte la dimension de l'histoire. Trois thèmes principaux ont retenu l'attention de l'auteur : la nature et la spécificité de l'individualisme contemporain ; le type de personnalité auquel il correspond et la particularité des troubles psychopathologiques qui s'y rattachent ; l'évolution, dans ce contexte, de la pensée et de la pratique de l'inconscient. Se trouve ainsi engagée une réflexion qui devrait permettre aux « psy » de mieux comprendre la manière dont leur intervention s'inscrit dans la société et se situe dans l'histoire. À charge pour eux de discuter et d'interroger les analyses de l'historien quand elles leur semblent méconnaître ou ne pas prendre en compte le plus vif de l'expérience qu'ils ont de leurs pratiques. C'est à la poursuite de ce débat que ces quelques notes de lecture voudraient en tout cas contribuer.
« Mise en perspective historique du présent » : le propos de Marcel Gauchet est d'abord de faire appel à l'Histoire pour mieux comprendre la période que nous vivons et identifier les enjeux des évolutions considérables qui se sont produites dans le dernier quart du XXe siècle. Par rapport aux décennies qui précèdent, il apparaît ainsi que nous sommes entrés dans un âge d'apaisement, de réduction massive des tenions. La chute du mur de