You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Les thèmes de l'incertain dans la théorie et la pratique analytiques, de la relation entre histoire et structure dans le développement psychique et du statut de la réalité et de la vérité dans la cure, organisent cette Épître aux enfants qui se cachent dans les grandes personnes. Ils s'entrecroisent, s'articulent et se déploient au fil d'une relecture commentée de Freud par l'auteur, donnant à l'ensemble de l'ouvrage, malgré une apparente diversité, une grande cohérence. Le titre de cette épître, évocation de l'adage sur lequel Freud a bâti la psychanalyse : « L'enfant est le père de l'homme », est également un rappel du parcours de Roger Perron, dont les travaux et les recherches sur le développement de l'enfant font autorité.
Pour bien comprendre le fonctionnement d'une structure complexe, le meilleur moyen est de tirer parti des étapes de son développement et d'en bien saisir l'enchaînement historique. L'auteur aborde cette articulation de la structure et de l'histoire de façon convaincante, mettant en perspective le modèle du développement du fonctionnement psychique et le mouvement même d'élaboration progressive du corpus théorique freudien. Cette dialectique éclaire les enjeux du caractère isomorphe du modèle analytique à son objet : « C'est un modèle théorique construit par projection dans le passé, selon le fonctionnement même du psychisme dont il s'agit de rendre compte. » Cette remarque, tout en soulevant un problème épistémologique fondamental de la psychanalyse valide la nécessité pour tout analyste de l'étude de l'œuvre freudienne, roc de toute pratique sérieuse avec l'analyse personnelle. Fidèle à cette