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Il s'agit d'une revue trimestrielle qui paraît depuis 1985 ; elle a été fondée par des psychanalystes appartenant à des sociétés différentes et se réclamant de courants très divers.
Le n° 18 de décembre 2002 contient, entre autres, un article intéressant rédigé par Martin Dornes, psychologue développementaliste, psychanalyste de groupe et privat-docent de sociologie à l'Université de Francfort.
Il a pour titre : « L'Autre virtuel. Aspects préverbaux de l'intersubjectivité ».
Martin Dornes présente son article comme une réflexion sur les théories du sociologue et psychologue norvégien, Stein Braten. Comme ce dernier, Dornes se réfère à différents courants de pensée systémique, recherches sur le nourrisson et aussi à certains concepts psychanalytiques.
Dornes défend deux hypothèses :
1 / La psyché est, dès l'origine, préstructurée de façon dyadique et intersubjective. Elle naît avec une disposition au dialogue préverbal, un savoir qui fait d'emblée partie du psychisme, avant le savoir symbolique. Dornes appelle cette disposition innée l' « Autre virtuel », une esquisse mentale et cérébrale dont les bordures sont fluides et non pas entièrement fixées, et qui précède toute rencontre réelle ; elle est essentielle pour établir un contact satisfaisant.
Braten, l'auteur de référence de Dornes, décrit cet Autre virtuel comme un « espace de compagnon », c'est-à-dire un espace psychique qui accueille et reçoit les offres de contact de l'environnement sous certaines réserves. Toute sorte de contact n'est pas recevable : l'Autre réel (la mère ou la personne qui s'occupe de l'enfant dans les premiers temps de la vie) doit s'adapter, suivre, entrer dans les traces préstructurées de l'Autre virtuel, et seulement sous cette condition le contact avec l'Autre réel peut commencer. Dornes cite comme exemple de telles préconditions innées la mélodie de la voix et certaines expressions du visage. Il parle aussi de « la langue de nourrice » qui est selon lui une langue culturelle universelle.
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