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Un rapport sur la culpabilité est une vraie gageure, et pour le rapporteur et pour la discutante ! Vous me pardonnerez donc de ne suivre que quelques pistes ouvertes par le foisonnement de votre rapport. Plutôt que sur l'évidence de l'Œdipe, vous avez choisi de vous centrer sur la pulsion dans ses négociations avec le moi, du narcissisme aux identifications, qui sont à la fois héritières du narcissisme et un destin pulsionnel. Sans négliger l'objet, présent de la première à la dernière ligne de votre rapport : « le sentiment de culpabilité, ce gage maintenu du souci de l'autre ». La culpabilité est certes à défaire : elle sera néanmoins votre dernier mot.
Vous avez un vrai talent d'écriture, un choix de mots remarquable par leur polyphonie qui donne un plaisir poétique à la lecture de votre rapport mais je vous ai lu armée d'un dictionnaire car je vous soupçonnais en permanence de cacher de multiples sens derrière un mot à l'allure innocente. Une écriture associative, suggestive, à la polysémie à la fois éclairante, parfois ambiguë, ce qui peut obscurcir le déroulement de la pensée de l'auteur. Auteur justement : toute la problématique de la culpabilité post-œdipienne tient dans cette notion que vous développez si bien. J'y reviendrai.
Votre titre : L'accomplissement et l'atteinte. Deux destins de pulsion, deux principes de fonctionnement psychique, plaisir et réalité dans leur négociation avec le principe de nirvana et la pulsion de mort.
L'accomplissement, c'est l'assouvissement pulsionnel. L'accompli, c'est ce sur quoi on ne peut revenir, le meurtre, écrivez-vous ailleurs, ce qui est consommé, exécuté. Entrons dans le vif du sujet avec Freud dans Totem et tabou : « Un jour les frères expulsés se groupèrent, abattirent et consommèrent le père, mettant un terme à la horde paternelle. Réunis, ils osèrent et accomplirent ce qui serait resté impossible à l'individu. » Freud poursuit : « L'acte ne pouvait apporter d'entière satisfaction à aucun de ses auteurs,
Rev. franç.