You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
En prenant comme fil de réflexion la honte et la culpabilité, les deux rapporteurs du CPLF de 2003 inscrivent leur travail dans le vaste ensemble de la théorie de l'affect. Ils répondent à un vœu de S. Freud formulé en 1925 : « Parviendrons-nous à comprendre les différences entre ces divers affects de déplaisir ? »1 Prolongeant sa XXVe Conférence de 1916-1917, Freud aborde alors lui-même cet aspect de la théorie de l'affect par le biais de l'angoisse. Il souligne le peu de connaissance métapsychologique disponible concernant tant l'affect en général que leurs qualifications respectives.
En 1970, André Green a consacré un Rapport au premier aspect2 dans lequel il précise son intention3. Étudier ces particularités, par les qualifications spécifiques de la honte et de la culpabilité, tel est l'objectif annoncé de Claude Janin et d'André Beetschen. Quelques remarques nées de la lecture de leurs Rapports vont orienter cette communication.
Tout d'abord, la place que ces deux affects occupent, articulés avec un troisième, la douleur morale, dans L'interprétation du rêve. Ils constituent ensemble un trépied rendant compte de la qualité et des avatars du travail de rêve. Ils sont le mode d'expression de la quatrième source du rêve, la « typicité » ou « typicalité », abordée par les trois rêves qu'ils rendent typiques. La typicité renvoie aux processus du travail de rêve et à l'impératif moral qui les régit par la censure. Ces trois affects rendent compte de l'implication au sein du travail de rêve de la dynamique œdipienne, déployée officiellement, justement,