You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Abords diversifiés, styles différents, mais voisinage de pensée : félicitations aux deux rapporteurs pour leurs travaux. Toutefois, un étonnement : les deux rapports ne font guère allusion à une donnée clinique et à une question théorique pourtant importantes, celles de la transmission sur deux, et même trois générations, de la honte et/ou de la culpabilité. Certes sont évoqués le « pacte dénégatif » de R. Kaës et la « communauté de déni » de D. Braunschweig et M. Fain, mais seulement si l'on peut dire horizontaux, entre frères, et pas verticaux, dans la filiation.
Mon propos ne vise pas la transmission phylogénétique, supposée par Freud, des traces du passé archaïque de l'humanité. Il ne s'agit pas non plus de mettre au compte du transgénérationnel plus qu'il n'en peut dire. Il s'agit d'un mode d'identification narcissique, fréquemment repérable — sous réserve qu'on l'entende — dans le fil du discours associatif des patients, et que Freud avait désigné comme « emprunt » identificatoire, à l'origine bien souvent, dans la cure analytique, si on le rate, d'une réaction thérapeutique négative, et, dans la vie, d'une névrose de destinée.
C'est à propos du sentiment inconscient de culpabilité que Freud, dans une note substantielle, « Les relations de dépendance du moi » (« Le moi et le ça »), décrit cet emprunt. Le texte est explicite : « Contre l'obstacle du sentiment inconscient de culpabilité l'analyste va livrer un combat qui n'est pas facile. » En fait, on ne peut pas dire grand-chose pour le rendre conscient, mais : « On a une chance particulière d'agir sur lui quand ce sentiment