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Dans 2001, a Space Odissey, film de S. Kubrick, la fabuleuse aventure de l'expédition intergalactique s'annonçait sous les meilleurs auspices. Au rythme profond et majestueux de la plus célèbre des valses de Vienne, la station spatiale accomplissait sa révolution sidérale vers l'espace multiconnexe de Jupiter. Mais en cours de route le voyage prenait une tournure tragique. CARL (Cerveau analytique de recherche et de liaison)1, super-ordinateur de bord, quintessence de l'intelligence cybernétique, programmé sans possibilité de doute ni d'erreur pour fonctionner au maximum de ses possibilités « comme n'importe quelle entité organisée », disait-il, décidait de prendre les commandes, éliminant l'un après l'autre les navigateurs humains…
Au risque de créer un effet de dépressurisation comme il m'a paru prudent de le souligner lors de mon intervention au Congrès, si c'est à André Beetschen en tant qu'auteur du rapport que s'adressait factuellement la question que je vais m'efforcer de développer ici, elle visait, de manière plus large et plus générale, un courant de pensée qui, depuis quelques années déjà, entraîne dans sa spirale notre vaisseau métapsychologique — et peut-être bien la planète psychanalyse tout entière — vers les confins indiscernables d'une galaxie en expansion accélérée, attraction agissant à l'inverse de la force gravitationnelle, à l'instar de cette « mystérieuse énergie noire » récemment découverte par les astrophysiciens.
La notion familière d' « écart théorico-clinique » dont la paternité revient à J.-L. Donnet pourrait suggérer que les remarques qui vont suivre ne sont qu'objections nulles et non avenues, cet « écart » restant définitivement inhérent à la loi du genre. Il ne s'agit évidemment pas de « confondre » espace psychique,