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L'aveu de Freud sur la méconnaissance de la sexualité féminine a laissé une empreinte, une trace sur la réflexion psychanalytique. Trace qui permet de nouvelles élaborations ponctuées de nouvelles questions. L'interrogation que propose André Beetschen porte sur la potentialité meurtrière des femmes dont l'objet serait le père. Cette interrogation, il la pose, d'abord, dans un texte intitulé « L'épouvantail ». Voici les termes qu'il emploie : « Il faudrait voir là comment la présence — discutable, énigmatique ? —de la scène du meurtre paternel chez la fille éclaire la question : les femmes nous donnent peut-être l'espoir, aujourd'hui, avec leur façon différente de se situer dans l'héritage de pensée (dans la dette, la rivalité et la transmission), d'un approfondissement. »1 Une question analogue se retrouve dans le rapport qui nous est présenté, mais, cette fois, elle est étayée par l'hypothèse de D. Margueritat qui remarque qu'on ne trouve pas de mythes dans lesquels un père est mis à mort par sa fille — il faudrait cependant évoquer Médée mettant à mort les enfants symboles d'une paternité honnie. Beetschen écrit : « Les femmes sont héritières de quelque chose à quoi elles n'ont pas participé. Pour elles, le meurtre est une figure d'emprunt. » En proposant que la fille n'a pas à tuer son père, mais qu'elle a à y renoncer, D. Margueritat voit dans le souhait de le déshonorer « un équivalent féminin du souhait meurtrier »2.
L'évocation de Médée faite par le rapporteur me sert d'invitation et même de filon. Ma lecture du texte d'Euripide sera toutefois accompagnée de l'éclairage particulier de Béla Grunberger que je cite : « On voit dans certaines analyses que la reviviscence du combat singulier œdipien et son interprétation n'éveillent aucune opposition chez l'analysé, alors que si on lui montre la destruction