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Afin de ne pas arpenter simplement la surface de ces textes si riches, je reste sur un seul point. Je me mets en dialogue avec la formulation d'André Beetschen, qui provoque en moi des questions passionnantes, le sentiment de culpabilité comme quelque chose à défaire. Je voudrais commenter également le travail, remarquable aussi, de Claude Janin, pour suggérer un lien avec ce que je trouve chez André Beetschen. Mais, en raison du temps, cela doit être pour la discussion après.
Je me doute que je n'ai pas tout à fait saisi cette idée de défaire la culpabilité. En premier lieu, je me demande : « Et si on réussit ? » Une fois défait le sentiment de culpabilité, ne se trouve-t-on pas dans un état psychopathique ? Non, ce n'est pas ça que nous propose André Beetschen. C'est évidemment plus compliqué. Il y a des phrases, pourtant, dans ce texte qui me semblent mettre en relief l'importance de démêler la culpabilité qui est à défaire d'une culpabilité qui serait à reconnaître. Par exemple :
« Mais si la culpabilité fait mal, c'est qu'elle prend en charge l'hostilité suscitée par la répression et le renoncement… »
Et celle-ci :
« Le sentiment de culpabilité (…) s'il n'est pas saisissable directement, il faut pourtant deviner son action mortifère, puisque c'est de vivre qu'il est interdit. »
La culpabilité peut faire mal, et il existe bien sûr un sentiment mortifère de culpabilité. La culpabilité qui est à défaire est incontestable. Une autre citation d'André Beetschen permet de voir assez clairement ce que je veux discuter :
« Le sentiment de culpabilité est sans cesse à défaire, tout comme le sont ces états psychiques ou sentiments “normaux“, deuil et jalousie. »