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Dans ce qui suit, j'envisage quelques aspects des fondements du sentiment inconscient de culpabilité, avec sans doute un certain parti pris, issu de ma pratique et de mes options théoriques, en direction de ce qu'André Green a appelé le détour par l'objet. Je considérerai brièvement trois aspects de notre réflexion théorique et clinique qui engagent notre appréhension — et notre compréhension — de cette question : la place de la réalité extérieure, le travail de construction et, enfin, une nécessaire réflexion sur la constitution des instances.
Partant d'un point de vue qui privilégie le pulsionnel, A. Beetschen définit le sentiment de culpabilité comme un creuset entre le pulsionnel et le culturel. Ce creuset en évoque un autre, celui de la rencontre avec l'objet et de l'espace intermédiaire cher à Winnicott. De ce point de vue, il est intéressant qu'à la fin de son parcours le rapporteur réunisse dans une même proposition la survie du père freudien et celle de l'objet winnicottien : « Le père mis à mort ou l'objet utilisé et atteint, c'est en survivant psychiquement qu'ils instaurent des transformations qui présageront d'un avenir possible. » Idée fort intéressante et qui nous pousserait à accorder au père un statut presque transitionnel.
Une première remarque s'impose dès lors : on ne peut envisager l'atteinte du moi par la pulsion sans, dans le même mouvement, interroger la façon dont l'objet est atteint et survit — ou non — au mouvement pulsionnel dont le sujet est l'origine, et ce alors même qu'il n'est pas encore constitué comme sujet. Plus