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En prolongement du débat tenu sur le vif au Congrès de Lyon1, je souhaiterais développer quelques remarques concernant le problème de la culpabilité en psychanalyse, en particulier dans ses rapports avec les notions voisines de souci et de responsabilité. Je commencerai par rappeler que le sentiment de culpabilité inconscient ne s'éprouve pas comme culpabilité : le sujet, écrit Freud, se sent plutôt malade. Notons que si, au contraire, le sentiment de culpabilité se présente à la conscience, il est éprouvé essentiellement comme angoisse de culpabilité. Dans la clinique, la culpabilité acquiert ainsi une connotation particulière qui la distingue des autres occurrences, notamment juridiques, du terme. Se sentir coupable, consciemment ou inconsciemment, ce n'est pas banalement accepter un verdict, c'est s'exposer ipso facto à l'effet performatif d'un jugement et d'une sentence, mais jugement et sentence institués à la manière de Kafka, c'est-à-dire non formulés explicitement, d'où leur effet funeste : l'angoisse de culpabilité ou le fait de se sentir atteint, malade. Il n'est pas inutile, à ce propos, de rappeler que dans le processus psychique les affects sont soumis à élaboration et que le « processus d'affectation »2 peut ou bien opérer en direction de l'élaboration et de la différenciation des affects, ou bien aller en sens contraire et conduire à une dégradation de ceux-ci vers leur « niveau zéro » qu'est l'angoisse, y compris dans ses équivalents et expressions somatiques.