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À Sara et César Botella
La difficulté majeure que je vois à la compréhension théorique de la culpabilité et de la honte est due à leur statut particulier dans la psychanalyse. La culpabilité, concept central dans la théorie et affect d'importance primordiale dans l'expérience de la cure, et la honte, qui est l'objet d'un intérêt croissant ces dernières années tentant d'unifier des remarques dispersées qu'on pouvait glaner çà et là sans parvenir à dégager une vision d'ensemble, sont toutes les deux, par nature, des résultantes de consécutions dont on ignore précisément les liens internes et les modalités d'organisation avec les phénomènes psychiques qui leur donnent naissance. Certes, ils se prêtent à une analyse phénoménologique assez abondamment exploitée dans la littérature, qui permet d'en donner une image assez ressemblante et aisément reconnue, mais la chaîne des événements psychiques dont ils sont le terme dernier, lors de leur apparition dans la conscience, reste mystérieuse ou donne lieu à des controverses. Cette contribution n'aura pas la prétention de faire toute la lumière sur ces questions, pas plus qu'elle n'aura l'ambition de parvenir à une interprétation métapsychologique complète. Elle se contentera de préciser certaines questions qui se posent à leur endroit, en proposant mes réflexions sur ces deux thèmes.
La culpabilité apparaît dès les premiers travaux de la psychanalyse. Même quand elle n'est pas explicitement nommée, on la devine derrière l'allégation de reproches faits à soi-même. Mais, au départ, Freud cherche,