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Comme tout affect, la honte peut être redoublée comme honte de la honte, masquée, déplacée, condensée avec les autres affects négatifs dans des constructions variables. Elle a des rapports divers avec les représentations que l'on peut appeler les scènes de honte qui mettent en cause les sentiments de fierté et de dignité et les représentations qui leur sont liées. Celles-ci sont privées, secrètes (parfois même en analyse) ou publiques liées à une humiliation impliquant le rejet, l'exclusion, la perte d'amour. La honte peut aussi qualifier une action jugée déshonorante. Le jugement sur soi suppose le dédoublement autoscopique. Le regard intérieur est ou non projeté sur le regard de l'autre. C'est donc bien la problématique narcissique dans le rapport (éventuellement identificatoire) à l'autre qui se trouve engagée : d'où l'intérêt de la clinique des groupes et celle du vécu d'infériorité des handicaps, intellectuels, scolaires, sociaux.
Le cas clinique rapporté par C. Janin illustre bien les affects de honte liés aux fantasmes sado-masochistes dans le transfert paternel en analyse, vérifiant en quelque sorte l'analyse freudienne du fantasme auto-érotique « un enfant est battu ». J'ajouterai qu'il arrive que des pratiques sado-masochiques honteuses et secrètes aient, sous couvert du clivage, une fonction d'élaboration sexualisante des traumas narcissiques infantiles, et même une visée constructive d'un objet primaire perdu. Tel était le cas chez un patient dont la réussite professionnelle dans les médias était particulièrement brillante.
Il est plus difficile de comprendre la notion de « honte primaire » proposée par C. Janin. Elle n'est pas différenciée de la honte secondaire par des critères cliniques, mais par les modèles théoriques. Cette « honte primaire » est conçue, non pas comme affect primaire au sens psycho-biologique d'Hermann ou Bowlby de désorganisation du schème d'attachement, mais en référence à la constitution différenciatrice du soi et de l'objet et à l