You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Dans l'élaboration que les rapporteurs font de la honte et de la culpabilité, la question est posée en lien avec la problématique narcissique. La qualité de la relation avec l'objet primaire est ainsi mise au premier plan, en particulier dans le travail de Claude Janin qui se place dans une perspective liée à l'état de prématurité de l'être humain et à sa potentialité traumatique : « La prématurité biologique de l'infans fait que la désorganisation produite par le traumatisme que représente l'excitation liée aux soins maternels entraîne un état de passivation par débordement des capacités de liaison psychique : c'est l'Hilflosigkeit du nourrisson »1. Comme le soulignait André Beetschen dans son intervention au Congrès reprenant son travail : « Les deux rapports nous emmènent vers le sexuel infantile, vers la primarité. »
Dans les deux textes, une place centrale est donnée à la question paternelle. Ainsi André Beetschen parle de « construction du père — construction de l'autre : le sentiment de culpabilité prend appui dans le narcissisme pour explorer la présence inquiétante — protectrice de l'imago paternelle, l'érotisation homosexuelle qui s'y manifeste… »2. Claude Janin, suivant un autre parcours, souligne : « La culpabilité est engendrée par la transgression de l'interdit paternel, tandis que la honte est liée à la passivation que le “corps à corps visuel” avec le maternel entraîne. »3
Suivant les auteurs dans leurs développements et considérant que le sujet abordé serait à considérer au regard du début de la vie psychique, ne pourrait-on poser comme hypothèse que le développement de la honte primaire