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Quoique affect, la honte n'est pas donnée d'avance ; il est donc nécessaire de suivre les jeux dialectiques que son occultation suscite, les clivages, les refoulements éventuels, ou bien encore les transpositions d'affect.
Françoise, enfant dans un village de l'Ouest, aujourd'hui ingénieure, me raconte un rêve : « J'étais dans une soirée avec Geneviève, professeure de mathématiques, que j'avais rencontrée chez Armelle. Elle avait une façon de parler volubile, de pédagogue, et à mesure qu'elle parlait, je la méprisais de plus en plus. »
On peut déjà préciser que Françoise « méprise » les mondanités, et que souvent ses rêves mettent en scène des désirs (sexuels) qu'elle récuse à l'état de veille. À ma question du pourquoi de ce mépris, Françoise tergiverse avec une certaine mauvaise foi de bon aloi qui trahit la défense. Cela réanime en moi un certain contre-transfert déjà éprouvé, plus ou moins clairement, mais qui n'avait jusqu'ici pas trouvé le joint pour une interprétation. L'affect de contre-transfert tournait autour de la honte, honte de la mère. Le contre-transfert donne certes une indication sur le ressenti du patient, mais tant que celui-ci n'a pas donné d'autre élément, nos deux ressentis ne sont pas encore liés : en effet, qu'est-ce qui me prouve, sans matériel du patient, que ce ressenti n'est pas uniquement mien, au mieux comme défense, au pis comme point aveugle ? De toute façon, le ressenti de l'analyste ne surgit pas ex nihilo, « comme un coup de tonnerre dans un ciel — psychique — serein », provoqué uniquement par le patient : il s'agit d'une ouverture authentique à son propre inconscient, une rencontre ; il y a réveil de refoulé (?) qui est ainsi activé. Cette honte mienne devient donc utilisable dans la séance parce qu'elle vient d'entrer en résonance avec des éléments inconscients que le patient est en train d'activer.
« Geneviève est très bourgeoise » (le mari de Françoise est de bourgeoisie intellectuelle, elle-même doit désavouer sa position social