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Je souhaite apporter une contribution clinique à la remarquable réflexion menée par Claude Janin sur la question de la honte : « N'ayons pas honte de la honte », nous dit en substance Claude Janin, et nos patients pourront plus facilement l'exprimer et perlaborer à partir de cet affect ! Je voudrais particulièrement insister sur un point, à mon sens insuffisamment souligné par l'auteur du rapport : la place pivot de la honte, entre destructivité et culpabilité, dans la clinique des états postpsychotiques.
La honte est un affect qui suppose un sujet pour l'éprouver. Au sortir d'une solution délirante, cet affect peut être le signe d'un début de ressaisie réflexive de l'expérience, ressaisie salvatrice et porteuse d'un potentiel élaboratif qui va, dans le cas que je vais évoquer, porter ses fruits.
Richard est un jeune homme qui a mis en œuvre diverses solutions psychotiques. Il a aujourd'hui 24 ans ; je le vois, à mon cabinet, depuis bientôt cinq ans, trois fois par semaine, quarante-cinq minutes en face à face. Le collègue psychanalyste qui me l'a adressé m'a proposé de rester son psychiatre consultant, le méditant légèrement, voire l'hospitalisant si nécessaire et restant disponible pour une éventuelle consultation avec ses parents. Ce dispositif de soin « tiercéisé » (Green) m'a permis de tenter un travail psychanalytique spécifique, dans l'espoir que Richard puisse se dégager de sa décompensation psychotique aiguë survenue dans sa dix-neuvième année. Richard va s'effondrer trois fois, et produire trois solutions délirantes différentes. C'est au sortir de la troisième que la honte apparaîtra.
Cela fait maintenant deux ans que Richard réussit à travailler à plein temps, sans poser de problèmes à son employeur. Il a également