You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La discussion des deux rapports a eu le grand mérite de nous inciter à retravailler certains enjeux psychanalytiques fondamentaux. De fait, une difficulté s'est manifestée dans l'échange (malaise dans la discussion ?) après l'exposé d'André Beetschen, avec une certaine inhibition des interventions spontanées. Si Michel Gribinski a alors pu déclarer voir se profiler « une troisième topique » possible, c'est pour ma part la notion même de pulsions et de leur genèse qui m'a semblé à ce moment être mise en cause.
On sait comment l'histoire du mouvement psychanalytique a été marquée par le choix malencontreux par Strachey du terme instinct pour traduire la notion freudienne de trieb — précédée, il faut le rappeler, de l'usage très fort qu'avait fait Nietzsche de ce terme1.
Or je pense qu'il est aujourd'hui plus que jamais capital de bien considérer qu'un montage pulsionnel est autre chose qu'un montage instinctuel.
Florence Guignard a fort heureusement insisté dans ce sens en rappelant que la pulsion est par définition quelque chose d'inachevé et de transformable. Dans mon rapport d'il y a quatre ans au congrès2, j'ai cherché à montrer comment le processus de subjectivation prenait naissance au sein des interactions pulsionnelles premières : les accroches instinctuelles du nouveau-né (cris, préhension buccale, manuelle, etc.) n'en venant en effet à trouver leur structure spécifiquement humaine de montage pulsionnel qu'au travers des interactions avec le protagoniste maternel. J'ai rappelé que Freud (1915) a clairement conçu le « destin » pulsionnel ordinaire comme étant fait de retournementsrenversements