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Je voudrais m'attacher à une question concernant « la transmission de ce qui n'a pas été élaboré » : [ce] « qu'un parent transmet, inconsciemment, non élaboré, matrice de honte et de culpabilité que les rapporteurs désignent fort justement comme “primaire” »1.
À travers un traitement en face à face à deux séances hebdomadaires, j'envisagerai la question du contenu transmis des hontes empruntées.
Dans un deuxième temps, en m'appuyant sur un matériel d'observation de bébé, je présenterai quelques hypothèses sur les mécanismes de transmission de ces contenus aveugles.
Claire vient me consulter, car, abordant la cinquantaine, elle a le sentiment que toute sa vie est un échec généralisé. D'une première analyse, avec un analyste très silencieux, elle a gardé une impression de froideur et de solitude redoublant celle de son enfance. Dès notre première rencontre elle relie l'impossibilité d'être comprise par sa mère au fait d'avoir été « trop vivante pour elle ». Avant sa naissance, sa mère a subi plusieurs fausses couches et perdu un bébé (un garçon mort de froid à l'âge de 2 jours à la maternité).