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Chez plusieurs de mes analysantes, j'ai observé que des sentiments de culpabilité et de honte pouvaient être reliés non seulement à l'envie du pénis, comme Freud l'a mis en évidence, mais aussi à l'angoisse que leurs organes féminins ne soient endommagés. Il s'agit de culpabilité lorsque l'angoisse se rapporte principalement à un sentiment de faute. La honte, elle, apparaît dans le registre de « l'être », que ce soit en rapport avec un sentiment de « manque d'être » « d'être rien » ou « de mal être ».
Un psychanalyste ne s'arrête pas au visible ; au-delà du visible il s'intéresse à l'invisible. En particulier, il sait que si les organes sexuels féminins ne sont pas visibles dans la réalité, ils n'en existent pas moins, et que non seulement ils suscitent une grande richesse de fantasmes, mais qu'ils animent la réalité psychique des analysants des deux sexes. Il n'y a sans doute pas besoin d'être psychanalyste pour en être convaincu. Pourtant cette conviction n'est pas donnée d'emblée, elle a besoin de temps pour s'établir. En effet, dans un premier temps, le pénis joue un rôle primordial pour les enfants des deux sexes car, étant visible, son existence est vérifiable dans la réalité : ou on a un pénis, ou on n'en a pas. Cela détermine l'angoisse de castration du garçon et l'envie du pénis de la fille. Par contre, les organes sexuels féminins n'étant pas visibles, leur existence n'est pas évidente. Et l'on comprend bien que, pour certains, la spécificité féminine paraisse se définir par la négative dans ce premier