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En hommage aux beaux rapports de Claude Janin et d'André Beetschen, je voudrais leur faire écho par une contribution sur le plan culturel, plus particulièrement théologique1.
Ces deux études aussi fécondes que rigoureuses m'ont beaucoup apporté. Les aléas d'une histoire personnelle et des enseignements universitaires qui me furent confiés m'ont sans cesse confronté à une interrogation que ces deux auteurs ont ranimée une fois encore en moi : comment se peut-il que la religion, notamment judéo-chrétienne, dont les sources inconscientes furent si bien analysées par Freud, ait si peu à voir, dans son fonctionnement courant, avec les écrits bibliques sur lesquels elle est censée se fonder ? Du moins si, dans le fouillis de ces 66 livres très variés et rédigés au long d'environ dix siècles, on prend soin d'en dégager les thèmes essentiels qui en déterminèrent le regroupement dans ce qu'on nomme la Bible : création, alliances libératrices entre Dieu et les hommes maintes fois renouvelées, incitation continuelle à être, à devenir, collectivement et individuellement, dans la relation avec ce Dieu considéré comme source de vie et d'amour.
Un des axes des méprises à ce propos me paraît être précisément celui de la honte et de la culpabilité trop souvent confondues pour des motifs inconscients que nos auteurs analysent fort bien.
Les textes bibliques parlent de libération du « péché » et, comme la tradition chrétienne a peu à peu introduit la notion de « péché originel » ou de « chute » à propos de la transgression de l'interdit posé par Dieu, il convient